PORTRAIT ■ Charles Oostenbroek a passé son enfance dans des familles d’accueil de la région de  Montluçon

La revanche du garçon de l’assistance

On ne peut pas dire que Charles Oostenbroek était bien parti dans la vie. Quand on lit l’histoire de  ses premières années, on a l’impression d’ouvrir la biographie de ces accusés à la trajectoire tracée  pour les assises. Cet habitant de Béziers est né en 1952 à Paris, dans une famille qui n’a jamais voulu

de lui, à la différence de ses quatre autres frères et sœurs. Il n’a jamais su pourquoi, tout juste peut il  supposer que son père n’est pas le sien. La mort de sa mère, il ya trois ans, lui a permis de mettre la main sur son dossier de l’assistance publique. Il pensait jusqu’alors avoir été simplement abandonné, il a découvert qu’il avait été maltraité. Allier, terre d’adoptés En témoigne ce rapport d’un agent de  l’administration. « Cet enfant présentait un état squelettique effrayant et à quinze mois en paraissait  à peine cinq. Il était allongé sur une paillasse immonde, dans une chambre d’une saleté repoussante, fenêtre et volets clos. » Le dossier de l’assistance publique lui a permis aussi de retrouver ses bulletins de classe, ses visites chez le médecin ou les rapports de police. Une richesse de précision qui lui a servi pour l’écriture d’un livre avec l’écrivain Gilles Magréau. Charles Oostenbroek a passé son enfance et son adolescence dans plusieurs familles d’accueil dans les années 1950 et 1960 : à Marcillat en Combraille, Désertines, Reugny et Estivareilles. « En ce temps là, il faut savoir que l’Allier constitue une terre d’asile pour les damnés de l’enfance originaires de la région parisienne. »

Certaines familles lui ont donné l’amour qui lui manquait. D’autres expériences ont parfois été  traumatisantes. Comme ce couple de Marcillat qui était d’avantage intéressé par les revenus de famille d’adoption – ils revendaient même les vêtements fournis par l’assistance publique – que

l’éducation des huit enfants qu’ils parquaient dans une longère. Une enquête de gendarmerie a mis fin à cette « ménagerie »–comme l’appelle Charles–après un incendie. À l’époque du secondaire – Jean Zay et l’Enet –, il fréquente le foyer de l’assistance publique de Montluçon. « Quand vous

enfermez ensemble une sélection de déracinés, de paumés, d’enfants perdus, sans attaches et sans repères, vous fabriquez un univers carcéral du plus bel effet, avec tout ce qu’il faut de violence, refoulée mais débordante », décrivent les auteurs dans le livre. De cette enfance d’humiliations et de

déchirements, il n’en ressort pas une histoire qui finit mal. « C’est une revanche sur l’adversité », glisse Gilles Magréau.

Pratique. Charly numéro 7099, de Gilles Magréau et Charles Oostenbroek, JSP Éditions.

«  Quand vous enfermez ensemble une sélection de déracinés, de paumés, d’enfants perdus, sans

attaches et sans repères, vous fabriquez un univers carcéral du plus bel effet… »

Charles Oostenbroek

Charly numéro 7099

18h00 présentation du livre

Delange chante Brel, Ferré, Caussimon, Montand, Leprest...
Delange: voix
Christophe Capelier : Piano

19h30 Concert
DELANGE

19h30 Concert
DELANGE ENCHANTE